Prier pour ceux qui gouvernent
« J'exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. » 1 Timothée 2.1-2
« Avant toutes choses ». Paul place l'intercession pour les autorités en tête de sa liste, et il faut se souvenir de quelles autorités il parle. Nous sommes sous Néron. L'homme pour qui Paul demande qu'on prie fera exécuter des chrétiens, et le fera lui-même exécuter.
Cela règle une question d'avance : la consigne ne dépend pas de la qualité du dirigeant. Elle ne dépend pas non plus de votre accord avec lui. Prier pour un homme n'est pas approuver ce qu'il fait — c'est refuser de le remettre à quelqu'un d'autre que Dieu.
Voyez aussi la variété des mots : prières, supplications, requêtes, actions de grâces. Le quatrième surprend. Rendre grâce à propos de ceux qui gouvernent ? Pas pour leurs fautes. Pour ce qui tient malgré tout : une route praticable, une école ouverte, un tribunal qui fonctionne un jour sur deux. Il y a toujours quelque chose qui tient, et le voir empêche l'amertume de tout couvrir.
Le but énoncé est modeste, et c'est ce qui frappe le plus : « afin que nous menions une vie paisible et tranquille ». Paul ne demande pas la prospérité nationale ni la conversion du palais. Il demande la paix — l'espace ordinaire où l'on peut travailler, élever ses enfants et annoncer l'Évangile sans être inquiété. C'est peu. C'est immense quand on ne l'a pas.
Et cela dit quelque chose sur la nature de cette prière : elle est pratique. On ne prie pas pour les dirigeants par devoir civique. On prie parce que ce qu'ils décident ouvre ou ferme la porte de tout le reste.
Ce soir. Nommez trois autorités concrètes — pas « le gouvernement », mais trois fonctions ou trois noms précis, du chef de votre quartier au chef de l'État. Demandez pour chacun la sagesse et la crainte de Dieu. Et cherchez, pour un seul des trois, une raison de rendre grâce.
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