Parole prophétique

Des projets de paix

« Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance. Vous m'invoquerez, et vous partirez ; vous me prierez, et je vous exaucerai. Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur. » Jérémie 29.11-13

C'est peut-être le verset le plus affiché du monde chrétien, et le plus souvent lu à l'envers. On le met sur les murs comme une promesse de réussite prochaine. Il faut regarder à qui il est adressé.

Jérémie écrit une lettre à des déportés. Ils sont à Babylone, loin de chez eux, et des prophètes leur annoncent un retour rapide. Jérémie leur dit le contraire : construisez des maisons, plantez des jardins, mariez vos enfants, cherchez la paix de la ville où je vous ai menés. Et il leur annonce soixante-dix ans.

C'est après cela que vient « je connais les projets que j'ai formés sur vous ». La promesse n'est pas une dispense d'exil. Elle est donnée à des gens à qui l'on vient d'annoncer qu'ils mourront probablement là où ils sont.

Cela ne diminue pas le verset. Cela le rend utilisable. Parce que si cette parole ne vaut que pour ceux dont la situation se retourne vite, elle ne sert à personne. Elle vaut justement pour l'homme installé dans une situation qui ne bougera pas cette année.

« Un avenir et de l'espérance » — l'hébreu dit littéralement une fin et une espérance. Il y aura une fin. Ce qui vous tient n'est pas votre état définitif, même si vous n'en verrez pas le terme.

Et la suite donne le travail à faire pendant ce temps-là : invoquer, prier, chercher. Trois verbes, tous actifs, et une condition qui ferme le passage — « si vous me cherchez de tout votre cœur ». La promesse est inconditionnelle sur les intentions de Dieu ; elle est conditionnelle sur la rencontre.

Aujourd'hui. Arrêtez d'attendre la fin de l'exil pour vivre. Plantez quelque chose là où vous êtes. Un travail, une relation, un service dans votre assemblée. Les déportés qui ont obéi à Jérémie sont ceux dont les petits-enfants sont rentrés.

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