Pourquoi seize heures
Il y a une raison pour laquelle c'est à seize heures, et pas à une autre heure.
Tout a commencé en février 2026, à Paris, avec mon groupe de prière. J'avais à cœur d'établir un rendez-vous quotidien, à heure fixe — pas une heure commode, une heure choisie. Seize heures tombe dans la huitième veille, et c'est une heure stratégique pour la prière. L'horaire n'a donc pas été pris au hasard.
Ce que je n'avais pas, en revanche, c'était la certitude que quelqu'un viendrait.
Je me souviens bien de cette crainte. Est-ce que le message atteindrait réellement quelqu'un ? Est-ce qu'une personne, quelque part, prierait avec nous ? Je n'avais aucune réponse. J'ai simplement commencé, et j'ai recommencé le lendemain.
Mais il y a un jour que je n'oublierai pas.
C'était le jour où ma femme devait accoucher. Le travail a commencé vers quatorze heures. J'ai tout laissé pour l'accompagner à l'hôpital — ce jour-là, il n'y avait pas de discussion possible sur l'ordre des priorités.
Et pourtant, à seize heures, le rendez-vous était toujours là, dans ma tête.
Je me tenais dans le couloir de l'hôpital. Pendant qu'on s'occupait d'elle, je priais. Pas devant un ordinateur, pas dans une pièce calme préparée pour enregistrer : debout dans un couloir, dans l'attente de la naissance de notre enfant.
À seize heures, j'étais là, et je priais.
Elle a accouché à vingt heures. Tout s'est bien passé, et DIEU était avec nous.
Mais la prière du jour, elle, n'est pas sortie à l'heure. Je l'ai publiée à vingt-deux heures. Deux heures après la naissance, le rendez-vous de seize heures était enfin en ligne — en retard de six heures, et je n'ai jamais regretté ce retard-là.
Cette journée m'a appris quelque chose que je n'aurais pas compris autrement. Derrière une mission spirituelle, il y a une vie réelle. Une famille. Des responsabilités. Et des circonstances qu'on ne commande pas.
Le rendez-vous n'est pas plus important que les gens pour qui on prie.
C'est pour cela que je ne vois plus seize heures comme une heure de publication. C'est un rendez-vous. Il a commencé simplement, entre quelques personnes qui priaient ensemble, et il a pris une dimension que je n'avais pas imaginée.
Aujourd'hui, quand je vois des gens prier, témoigner, reprendre courage et se rapprocher de Dieu à travers cette mission, je comprends que mes premières craintes étaient à la mesure de ce que je pouvais voir. Je ne savais pas jusqu'où le message irait. Je ne le sais toujours pas.
Je continue parce que cette mission change réellement des vies. Et tant que Dieu m'en donnera la grâce, je veux rester fidèle à ce rendez-vous.
Derrière une heure, il y a parfois une mission. Et derrière une mission, il y a des vies.
« Pierre et Jean montaient ensemble au temple, à l'heure de la prière: c'était la neuvième heure. » Actes 3.1, Louis Segond 1910