Le baptême n'est pas une formalité
Dans beaucoup d'églises, on baptise le dimanche après la rencontre d'évangélisation. Le candidat lève la main le matin, on lui demande son nom, et il descend dans l'eau l'après-midi. Tout le monde est content. On compte les baptisés dans le rapport annuel.
Trois mois plus tard, on ne sait plus où il est.
Ce n'est pas un défaut de sincérité : ces gens-là sont sincères, et le pasteur qui les baptise l'est aussi. C'est un défaut d'ordre. On a inversé deux choses qui ne se remplacent pas.
L'ordre que le texte donne
« Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. »Actes 2 : 38
Lisez l'ordre des verbes. Repentez-vous, puis soyez baptisés. Pierre ne dit pas l'inverse, et ce n'est pas une nuance de style.
On retrouve exactement la même séquence avec l'eunuque éthiopien. Philippe lui annonce Jésus à partir d'Ésaïe. L'homme comprend. C'est lui qui demande : « Voici de l'eau ; qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé ? » (Actes 8 : 36) Le baptême vient après la compréhension, et il vient de sa demande à lui.
Et Marc 16 : 16 pose les deux dans le même ordre : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé. »
Le baptême ne produit pas le salut : il le déclare. C'est un signe public de ce qui a déjà eu lieu dans le cœur. Baptiser quelqu'un qui n'a rien reçu, ce n'est pas lui faire du bien : c'est le mouiller, et lui donner un certificat qui ne correspond à rien.
Ce qu'il engage réellement
Le mot que Paul emploie n'est pas un mot de cérémonie. C'est un mot de tombeau.
« Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. »Romains 6 : 4
Enseveli. On n'enterre pas quelqu'un qui discute encore. L'immersion dit cela : une vie s'arrête et une autre commence. Le candidat qui remonte de l'eau ne reprend pas sa vie là où il l'avait laissée — il en commence une autre, et son entourage va s'en apercevoir avant lui.
C'est pour cela que je refuse de traiter cette décision en une matinée. Un homme qui s'engage à mourir à sa vie d'avant a le droit de savoir à quoi il s'engage.
Quatre semaines, et pourquoi quatre
J'ai fini par poser un parcours de quatre séances, une par semaine, avec un entretien pastoral individuel à la fin. La durée n'est pas magique, mais elle n'est pas arbitraire non plus.
La première semaine ne parle pas du baptême. Elle parle du salut : repentance et nouvelle naissance. On pose le fondement avant le signe. Et c'est la séance qui révèle le plus de choses — il arrive qu'un candidat découvre, ce soir-là, qu'il n'a jamais donné sa vie à Christ. Il croyait venir se faire baptiser ; il repart converti. Cette semaine-là justifie à elle seule tout le parcours.
La deuxième travaille la signification biblique de l'immersion : ce que le geste dit, pourquoi l'eau, pourquoi la descente et la remontée.
La troisième regarde les exemples bibliques d'obéissance — y compris celle de Jésus au Jourdain, qui n'avait rien à se faire pardonner et qui est pourtant descendu dans l'eau.
La quatrième prépare concrètement : la cérémonie, mais surtout l'après. L'engagement à marcher en nouveauté de vie dans une église locale, avec des gens qui vous connaissent.
Chaque séance a un enseignement, un temps d'échange en groupe, des versets à mémoriser et un devoir personnel. Le devoir compte autant que l'enseignement : il sort la décision de la salle.
Le temps d'échange n'est pas du remplissage
Si je devais garder une seule chose de ces quatre semaines, ce serait celle-là.
C'est dans les échanges que sortent les vraies questions, celles qu'on ne pose jamais devant toute l'assemblée. Faut-il que je me marie d'abord ? Que faire de mes anciennes pratiques, de l'objet que je garde dans ma chambre ? Ma famille va-t-elle me rejeter ? Est-ce que je peux encore vendre ce que je vends ?
Un candidat qui a posé ces questions avant de descendre dans l'eau est un candidat qui tient. Celui qui ne les a pas posées les rencontrera quand même — mais seul, et après.
Un mot pour les responsables
Vous l'achetez une fois, vous l'utilisez avec chaque promotion de candidats. C'est ainsi que j'ai conçu ce parcours : un outil qui resserve, pas un livre qu'on lit une fois.
Et il se suit aussi individuellement, quand il n'y a qu'un seul candidat, en lien avec son pasteur pour l'entretien final.
Il enseigne le baptême par immersion du croyant, sur la base d'Actes 2 : 38 et de Marc 16 : 16. Je le dis clairement pour que chacun sache ce qu'il prend.
Baptiser vite, c'est remplir un registre. Baptiser préparé, c'est bâtir une église.
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant… et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. » (Matthieu 28 : 19-20) Faire des disciples vient avant, et enseigner vient après. Le baptême est au milieu — jamais tout seul.
Ce texte reprend le fondement du parcours « École de Baptême — préparation en 4 semaines », disponible dans la boutique.
Textes cités selon la version Louis Segond.