L'homme irrésolu
« Mais qu'il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d'autre. Qu'un tel homme ne s'imagine pas qu'il recevra quelque chose du Seigneur: c'est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies. » Jacques 1.6-8
Voilà un passage qui a fait beaucoup de mal, parce qu'on l'a lu comme une menace : doute une seule fois, et tu n'obtiendras rien.
Ce n'est pas ce que Jacques décrit. Le mot grec traduit par « irrésolu » signifie littéralement à deux âmes — un homme partagé, qui veut deux choses opposées en même temps. Ce n'est pas quelqu'un qui a peur. C'est quelqu'un qui n'a pas choisi.
La différence est décisive, et elle change tout pour un croyant tourmenté. On peut demander avec crainte et recevoir. On peut prier la voix tremblante. Ce que Jacques décrit, c'est autre chose : l'homme qui demande à Dieu de le délivrer d'une chose à laquelle il tient encore, et qui espère au fond ne pas être exaucé. Voilà les deux âmes.
L'image du flot le confirme. Une vague n'a pas de direction propre : elle va où le vent la pousse, et elle change quand le vent change. Elle n'est pas faible, elle est sans cap. On peut être très agité et n'aller nulle part.
Il faut donc entendre ce texte comme un diagnostic, pas comme une condamnation. Si vos prières semblent rester sans effet, la question à se poser n'est pas « ai-je assez de foi ? » — question sans réponse, qui ne fait qu'augmenter l'angoisse. La question est : est-ce que je veux vraiment ce que je demande, ou est-ce que je le demande à moitié ?
Et il y a une bonne nouvelle en amont du passage. Deux versets plus haut, Jacques écrit que Dieu donne « à tous simplement et sans reproche ». Celui qui manque de sagesse n'est pas grondé quand il demande. Le reproche ne porte pas sur le manque : il porte sur le partage.
Aujourd'hui. Prenez une demande que vous portez depuis longtemps. Demandez-vous honnêtement ce que vous perdriez si Dieu l'exauçait demain matin. Si vous trouvez quelque chose, vous avez mis le doigt sur la seconde âme.
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