Mon âme refuse toute consolation
« Au jour de ma détresse, je cherche le Seigneur; La nuit, mes mains sont étendues sans se lasser; Mon âme refuse toute consolation. Je me souviens de Dieu, et je gémis; Je médite, et mon esprit est abattu. » Psaume 77.3-4
« Mon âme refuse toute consolation. » Voilà une phrase qu'aucun de nous n'oserait mettre dans une prière publique. Elle est dans le livre de prières d'Israël.
Et la suivante est pire : je me souviens de Dieu, et je gémis. Pas « je me souviens de Dieu, et je suis consolé ». Le souvenir de Dieu, ici, augmente la douleur. L'homme qui écrit ça est croyant, il prie la nuit les mains étendues, et penser à Dieu le fait gémir.
Il faut laisser ces deux versets dire ce qu'ils disent. La Bible n'a pas censuré cet homme. Elle n'a pas corrigé sa prière pour la rendre édifiante. Elle l'a gardée telle quelle, dans le recueil qu'on chantait au temple.
C'est une permission immense pour quiconque traverse une saison où la foi n'apporte aucun réconfort. Vous n'êtes pas hors du peuple de Dieu quand vous êtes là. Vous êtes au psaume 77.
Notez tout de même le premier membre : je cherche le Seigneur. Il n'a pas arrêté. C'est le seul fil qui tient, et il tient. Il n'éprouve rien de bon, il refuse d'être consolé, et il continue de chercher. Les trois ensemble.
Le psaume basculera plus loin — il se mettra à raconter la sortie d'Égypte, les eaux qui ont vu Dieu et qui ont tremblé. Mais il bascule au verset 12, après onze versets de nuit. Personne ne lui a demandé d'aller plus vite, et il ne faut pas se le demander à soi-même.
Aujourd'hui. Si vous êtes dans cette saison, cessez d'ajouter la culpabilité à la peine. Vous n'avez pas à ressentir quelque chose pour avoir le droit de prier. Tendez les mains dans la nuit, comme lui, et laissez le reste venir quand il viendra.
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