Veillez-y avec actions de grâces
« Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces. » Colossiens 4.2
Onze mots, trois ordres. C'est l'un des versets les plus denses de Paul, et il tient sur une ligne.
Persévérez. Le verbe grec décrit quelqu'un qui reste attaché à une chose, qui ne la lâche pas. Il est employé ailleurs pour des serviteurs qui se tiennent constamment à la disposition de leur maître. Ce n'est pas l'intensité qui est demandée, c'est l'attachement dans la durée.
Veillez-y. Le mot est celui de la sentinelle : rester éveillé, garder les yeux ouverts. Et remarquez qu'il ne dit pas « veillez » tout court, mais « veillez-y » — dans la prière elle-même. Il est possible de prier en dormant, si l'on peut dire : réciter, laisser défiler, être ailleurs. Paul demande d'être présent à ce qu'on est en train de faire.
Avec actions de grâces. C'est le troisième, et il change la couleur des deux autres. Sans lui, persévérer et veiller décrivent une discipline austère, presque militaire. Avec lui, ça devient autre chose.
Pourquoi la reconnaissance ? Parce que la prière persévérante a une maladie propre : elle finit par ne plus contenir que des demandes. On revient chaque jour avec la même liste, et la liste devient un compte à régler. L'action de grâces casse ce mouvement — elle oblige à regarder ce qui a déjà été reçu avant de redemander.
Il y a aussi une raison plus dure. Celui qui prie longtemps sans rien voir venir glisse doucement vers l'amertume, et l'amertume ne se remarque pas de l'intérieur. Rendre grâce est le test : le jour où l'on n'y arrive plus, ce n'est pas la foi qui manque, c'est que la plaie s'est infectée.
Aujourd'hui. Avant votre liste, une phrase de reconnaissance. Une seule, sur une chose précise et récente. Si vous n'en trouvez pas, c'est le vrai sujet de prière du jour.
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