Prier toujours, sans se relâcher
« Jésus leur adressa une parabole, pour montrer qu'il faut toujours prier, et ne point se relâcher. » Luc 18.1
C'est l'un des rares endroits de l'Évangile où Luc annonce le sens de la parabole avant de la raconter. Il ne nous laisse pas deviner. Il pose la conclusion d'abord : il faut prier toujours et ne pas se relâcher.
Et l'histoire qui suit est déconcertante. Une veuve harcèle un juge injuste, qui ne craint ni Dieu ni les hommes. Il finit par lui rendre justice — non par bonté, mais pour qu'elle cesse de venir. Puis Jésus dit : si un juge inique agit ainsi, à combien plus forte raison Dieu.
Il faut bien voir ce que la comparaison fait. Elle ne dit pas que Dieu ressemble au juge : elle dit qu'il en est le contraire absolu. Si même l'indifférence finit par céder à l'insistance, que fera un Père qui écoute ? Le raisonnement va du pire au meilleur, et c'est là toute sa force.
Mais l'enseignement principal porte sur la veuve, pas sur le juge. Elle n'a aucun pouvoir : ni argent, ni protecteur, ni statut. Dans la société qu'elle habite, elle est ce qu'il y a de plus démuni. Sa seule ressource est de revenir. Et c'est exactement ce que Jésus donne en modèle.
« Ne point se relâcher » — le verbe grec évoque le fait de perdre courage, de s'affaisser. Jésus n'ordonne pas de prier plus fort. Il ordonne de ne pas arrêter. Ce sont deux choses différentes, et confondre les deux épuise beaucoup de croyants sincères.
Cette semaine. Prenez le sujet pour lequel vous avez cessé de prier — non pas parce qu'il est réglé, mais parce que vous n'y croyez plus. Remettez-le sur la liste. La veuve n'avait pas de meilleur argument le dixième jour que le premier. Elle est simplement revenue.
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