Enseignement

Veiller : ce que le mot voulait dire avant nous

« Prenez garde, veillez et priez; car vous ne savez quand ce temps viendra. Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, laisse sa maison, remet l'autorité à ses serviteurs, indique à chacun sa tâche, et ordonne au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez quand viendra le maître de la maison, ou le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin; craignez qu'il ne vous trouve endormis, à son arrivée soudaine. Ce que je vous dis, je le dis à tous: Veillez. » Marc 13.33-37

On parle beaucoup de veilles de prière. On en parle souvent comme d'une performance : combien d'heures, à quelle heure, combien de nuits d'affilée. Ce n'est pas ce que Jésus décrit ici.

Remarquez d'abord que le texte donne quatre moments : le soir, le milieu de la nuit, le chant du coq, le matin. Ce ne sont pas des suggestions poétiques. C'est le découpage romain de la nuit, celui que connaissaient les auditeurs de Jésus — quatre gardes de trois heures, du coucher au lever du soleil. Les sentinelles se relayaient. Personne ne tenait la nuit entière.

C'est déjà un enseignement. La veille est un relais, pas un exploit solitaire. Celui qui prend la garde de minuit ne veille pas mieux que celui du soir ; il veille à son tour.

Ensuite, le maître qui part ne dit pas à ses serviteurs de l'attendre les bras croisés. Il « indique à chacun sa tâche ». Veiller, dans cette parabole, ce n'est pas suspendre sa vie en attendant un événement. C'est faire son travail comme quelqu'un qui sait que le maître peut rentrer. La vigilance et le labeur sont la même chose.

Et puis il y a le portier. Un seul homme reçoit une consigne particulière : rester éveillé pour ouvrir. Dans une maison, tout le monde travaille, mais quelqu'un doit écouter la porte. L'intercesseur est ce portier. Il ne fait pas le travail des autres ; il tient l'entrée pendant qu'ils font le leur.

Enfin, la dernière phrase corrige toute tentation d'élite : « Ce que je vous dis, je le dis à tous. » Le portier ne remplace personne. La veille n'est pas déléguée à un ministère spécialisé.

Cette semaine. Ne cherchez pas à tenir une nuit entière. Prenez une garde — une seule, trois heures, ou même une heure à l'intérieur d'une garde — et tenez-la à votre tour. Et pendant que vous la tenez, faites votre tâche. C'est cela, veiller.

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