Intercession

Prier pour celui qui vous a fait du tort

« Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. » Matthieu 5.44

C'est le commandement que l'on cite le plus volontiers et que l'on pratique le moins. Et il faut dire pourquoi, honnêtement : parce qu'on le comprend comme une demande de sentiment. On croit qu'il faut d'abord cesser d'avoir mal pour pouvoir obéir.

Or Jésus ne demande rien de tel. Regardez les quatre verbes : aimez, bénissez, faites du bien, priez. Trois sont des actes. Aucun ne décrit une émotion. On peut bénir sans éprouver de tendresse. On peut faire du bien à quelqu'un qu'on évite. On peut prier pour un nom qu'on prononce difficilement.

C'est important, parce que beaucoup de gens portent une culpabilité inutile. Ils pensent qu'ils désobéissent tant que la blessure reste vive. Non : la blessure peut rester vive pendant que l'obéissance commence. Le sentiment suit parfois. Souvent il met des années. Ce n'est pas la condition d'entrée.

Il y a autre chose. Priez pour quelqu'un assez longtemps et vous ne pourrez plus le réduire à ce qu'il vous a fait. C'est mécanique. Vous commencerez à voir un homme qui a une peur, une histoire, un père. Ce n'est pas de l'excuse — le tort reste un tort. Mais la personne cesse d'être seulement un tort.

Et il faut être clair sur ce que ce commandement n'exige pas. Il ne dit pas de retourner dans une maison où l'on vous frappe. Il ne dit pas de faire confiance à quelqu'un qui n'a pas changé. Bénir n'est pas se rendre disponible pour être détruit. Beaucoup de croyants sont restés dans des situations dangereuses en croyant obéir à ce verset ; ils obéissaient à un contresens.

Aujourd'hui. Prenez un nom. Un seul — celui qui vous vient tout de suite, celui qui rend cette lecture inconfortable. Dites simplement : Seigneur, bénis-le. Vous n'êtes pas obligé de développer. Vous n'êtes pas obligé de le penser. Dites-le, et recommencez demain.

Le jour où vous le penserez, vous saurez que quelque chose a été guéri en vous — et pas seulement chez lui.

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