Espère, et recommence
« Espère en l'Éternel ! Fortifie-toi et que ton cœur s'affermisse ! Espère en l'Éternel ! » Psaume 27.14
Le psaume commence par « L'Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je crainte ? » Il finit par cette phrase. Entre les deux, David a demandé à Dieu de ne pas le rejeter, a évoqué son père et sa mère qui l'abandonnent, et a dit qu'il serait mort sans l'espérance de voir la bonté de Dieu.
Autrement dit : le psaume ne progresse pas de la peur vers la paix. Il commence dans la confiance, traverse l'angoisse, et se termine par un ordre que l'auteur se donne à lui-même. C'est plus honnête que la plupart de nos témoignages.
Et regardez la structure de la phrase finale : espère — fortifie-toi — espère. La même parole au début et à la fin, avec l'effort au milieu. David répète parce qu'une fois n'a pas suffi. Il a dit « espère », il a senti que ça ne tenait pas, il a dit « fortifie-toi », puis il a redit « espère ».
C'est cela, la persévérance réelle. Pas une ligne droite : une phrase qu'on redit. Beaucoup de croyants croient qu'ils ont échoué parce qu'ils doivent recommencer à croire tous les matins. Le psaume dit que recommencer est la chose.
« Que ton cœur s'affermisse » — le verbe hébreu s'emploie pour des choses qu'on rend fermes, solides, tenues. Ce n'est pas un sentiment de force. C'est une structure qui tient sous la charge. Vous pouvez avoir le cœur affermi et les mains qui tremblent.
Et il faut noter à qui David parle. Pas à Dieu : à lui-même, encore. Il n'attend pas qu'on vienne l'encourager. Il prend la parole sur sa propre âme et lui dit quoi faire.
Aujourd'hui, et demain. Dites-le au réveil, avant de regarder votre téléphone : J'espère en l'Éternel. Puis faites la journée. Et redites-le le soir, même si la journée a mal tourné — surtout si elle a mal tourné.
Ce n'est pas une formule. C'est la garde que vous prenez sur vous-même, comme le portier de Marc 13 prend la sienne sur la maison.
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