Une parole qui ne revient pas vide
« Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche: Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli mes desseins. » Ésaïe 55.11
Ce verset est très souvent cité, et presque toujours coupé de ce qui le précède. Les deux versets d'avant parlent de la pluie et de la neige qui descendent du ciel et n'y retournent pas sans avoir arrosé la terre. C'est de là que vient l'image.
Or la pluie a une caractéristique précise : elle ne travaille pas vite. Elle tombe, elle disparaît dans le sol, et pendant des semaines il ne se passe rien de visible. Le paysan qui creuserait chaque matin pour vérifier tuerait la graine.
C'est exactement ce que beaucoup font avec la Parole de Dieu. Ils reçoivent une promesse, puis ils la déterrent tous les jours pour voir où elle en est. Ils appellent cela de la foi ; c'est plutôt de l'inquiétude qui prie.
Le verset dit deux choses distinctes, et il faut les séparer. Premièrement : la parole exécute la volonté de Dieu. Deuxièmement : elle accomplit ses desseins. Le mot traduit par desseins désigne ce pour quoi elle a été envoyée — sa mission. Autrement dit, la parole a un but qui lui est propre, et ce but n'est pas nécessairement celui que vous lui avez assigné.
C'est là que beaucoup butent. Une promesse reçue produit souvent autre chose que ce qu'on attendait, et on conclut qu'elle a échoué. Elle n'a pas échoué : elle n'était pas à votre service. Elle est sortie de la bouche de Dieu, pas de la vôtre.
Il y a du repos là-dedans, si on veut bien le prendre. Vous n'avez pas à faire accomplir la parole. Vous n'en êtes pas responsable. Votre travail, c'est de la semer et de ne pas la déterrer.
Cette semaine. Prenez la promesse qui vous occupe en ce moment — celle que vous vérifiez tous les matins. Écrivez-la sur une feuille, datez-la, et rangez-la. Ne la relisez pas avant trente jours. Vous verrez ce qui a poussé pendant que vous ne regardiez pas.
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