Enseignement

Se confesser les uns aux autres

« Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La prière fervente du juste a une grande efficace. » Jacques 5.16

Voilà un verset dont on garde toujours la seconde moitié et jamais la première. On cite volontiers « la prière fervente du juste a une grande efficace ». On saute « confessez vos péchés les uns aux autres ».

Pourtant Jacques lie les deux par un « donc ». La puissance de la prière, dans ce passage, n'est pas détachable de l'aveu qui la précède. Il ne dit pas que la confession rend la prière plus polie ; il dit qu'elle la rend efficace.

Pourquoi ? Parce qu'une faute gardée secrète fabrique deux personnes : celle qu'on montre et celle qu'on est. Et c'est celle qu'on montre qui prie. On prie avec un personnage. Rien ne bouge, et on ne comprend pas pourquoi.

Il faut préciser tout de suite ce que le texte ne dit pas, parce que ce verset a fait des dégâts. Il ne dit pas de confesser à tout le monde. Il ne dit pas de raconter en public le détail de ses chutes. Il n'existe aucun mandat biblique pour l'aveu forcé, et une assemblée n'est pas un tribunal. Le « les uns aux autres » suppose la réciprocité : quelqu'un qui vous dit aussi ses fautes. Si la confession ne va que dans un sens, ce n'est plus ce verset — c'est un rapport de pouvoir.

Ce que Jacques décrit, c'est une ou deux personnes. Quelqu'un qui sait, et qui prie. Et le résultat annoncé n'est pas le pardon — le pardon vient de Dieu seul, et il n'a jamais eu besoin d'un témoin. Le résultat annoncé, c'est la guérison. Ce qui reste caché continue de faire mal ; ce qui est dit à haute voix devant un frère perd son pouvoir de vous isoler.

Cette semaine. Trouvez une personne. Une seule. Quelqu'un qui ne parle pas, et à qui vous pouvez aussi servir de confident. Commencez petit — pas par la chose la plus lourde, par une chose vraie. La confiance se construit dans ce sens-là.

Si vous n'avez personne, dites-le à Dieu comme un besoin réel, et pas comme une fatalité. Beaucoup de croyants n'ont jamais eu ce frère-là parce qu'ils ne l'ont jamais demandé.

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